Un revenu minimum garanti

La crise de la COVID-19 a révélé qu’un nombre important de Canadiens vivent dans des conditions précaires et n'ont toujours pas de filet de protection sociale de base pour les protéger en période de difficultés financières.

Au cours des dernières semaines, le gouvernement du Canada a instauré la prestation canadienne d'urgence (PCU), une prestation imposable de 2000 $ par mois (pendant une période pouvant aller jusqu'à quatre mois) aux travailleurs admissibles qui ont perdu leur revenu en raison de la COVID-19. Cependant, tout au long de son déploiement, le gouvernement n'a pas pu, ou n'a pas voulu, s'assurer que la PCU s’appliquera à tous ceux que cette mesure était censée protéger. Selon le Centre canadien de politiques alternatives, environ 1/3 des Canadiens n'ont toujours pas d’accès ni à l'assurance-emploi ni à la PCU. De nombreux groupes - les travailleurs contractuels, les travailleurs à temps partiel, les travailleurs étrangers temporaires, les étudiants et les personnes âgées dans le besoin - ne sont pas admissibles à la PCU ou à l'assurance-emploi. D’ailleurs, depuis son annonce, le gouvernement a dû se démener pour boucher les trous, avec une multitude de correctifs annoncés presque quotidiennement.

Étant donné le nombre pratiquement illimité de situations d'emploi, de chômage et de sous-emploi différentes dans lesquelles se trouvent les Canadiens, il est peu probable que cette approche fragmentaire réussisse à fournir une couverture complète. On nous impose un système confus, ad hoc, au cas par cas, qui garantit malheureusement que des Canadiens passeront inutilement ou involontairement entre les mailles du filet protection.

Au lieu de boucher les trous un par un, la solution consiste à créer un programme universel: le revenu minimum garanti (RMG). Le RMG fournirait à chaque Canadien une source de revenus de base, garantissant que les gens peuvent couvrir leurs dépenses de base telles que la nourriture et l'hébergement. Il serait disponible avec peu ou pas de restrictions et serait suffisant pour protéger les Canadiens contre les types de catastrophes financières auxquelles beaucoup se trouvent confrontés pendant la pandémie de COVID-19. Étant donné que le RMG serait universel, il sera également plus simple et donc moins coûteux à administrer (généralement l'un des postes de dépense les plus élevés des programmes sociaux).

S'il garantirait à tous la sécurité d’un revenu de base, le revenu minimum garanti offrirait une plus grande sécurité aux Canadiens les plus vulnérables: les travailleurs précaires, les sous-employés et les sans-abris. Il aidera également les travailleurs du secteur de l'énergie, un secteur particulièrement vulnérable aux chocs du marché.

Pendant la crise de la COVID-19, le concept de RMG a gagné du terrain dans d'autres pays. Récemment, l'Espagne est devenue le premier pays européen à annoncer un plan visant à introduire un revenu de base universel (RBU) pour aider les familles pendant la pandémie, avec l'intention que le RBU devienne un programme permanent qui servirait de filet de sécurité aux plus vulnérables. Le Scottish National Party et le Green Party UK ont tous deux appelé à l'introduction du RBU au Royaume-Uni. L'Italie, les Pays-Bas, la Finlande et le Kenya ont tous testé des modèles de RBU.

Aujourd’hui, l'accent doit être mis sur l’allégement urgent du fardeau financier des Canadiens, ce qui signifie l'élargissement de l'admissibilité à la PCU pour inclure tous les Canadiens qui sont actuellement au chômage. Parallèlement, il faudrait commencer à étudier les divers modèles de RBU afin de déterminer ce qui fonctionnerait le mieux dans les différents contextes canadiens. Ceci permettrait de mettre en place le programme avant que nous ayons à faire face à la prochaine situation d’urgence ou de bouleversement structurel.


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