Empêcher les étudiants de passer entre les mailles du filet

L'accès à l'éducation est universellement reconnu comme un droit fondamental et est consacré par la Déclaration universelle des droits de l'homme.

Les États ont reconnu que l’intention première d’une éducation est de «permettre à toutes les personnes de participer efficacement à une société libre» et d’aider à former des citoyens pleinement fonctionnels avec l’éducation minimale nécessaire pour garantir un emploi viable et pouvoir contribuer activement à la vie civique. Des études ont également montré que les citoyens bien éduqués sont non seulement plus susceptibles de trouver un emploi digne, mais sont également plus susceptibles d'être impliqués dans la poursuite d'autres biens communs comme l'égalité des sexes, l'action climatique et l'inclusion sociale.

Oui, il fut un temps où les gens au Canada pouvaient assumer le rôle d'un citoyen pleinement fonctionnel après la seule éducation secondaire, mais ce temps est révolu. Dans un pays développé comme le Canada, il est largement admis qu'au moins 2 à 4 ans d'études postsecondaires sont maintenant nécessaires.

Si nous admettons que l'enseignement postsecondaire est une étape nécessaire à la création d'un citoyen pleinement formé, il va de soi que l'enseignement postsecondaire doit être universellement accessible. Malheureusement, ce n’est pas le cas au Canada, où l’accès aux études postsecondaires dépend de plus en plus de la capacité à payer des étudiants potentiels.

Les frais de scolarité représentent un coût important, en particulier pour les étudiants issus des groupes en quête d'équité. Des études ont montré que l'augmentation des frais de scolarité est corrélée à l'augmentation de l'endettement des étudiants et à la baisse relative des inscriptions des étudiants à faible revenu.

Le Parti vert du Canada a déclaré que l'accès universel à une éducation postsecondaire et à une formation professionnelle de qualité est un droit et non un privilège, comme c'est le cas dans de nombreux pays développés. Nous avons demandé que la scolarité dans les collèges et universités soit gratuite pour tous les étudiants canadiens et que nous annulions la partie de la dette actuelle des étudiants qui est détenue par le gouvernement fédéral. L'éducation postsecondaire universelle serait financée en réorientant les dépenses existantes sur les bourses, les crédits d'impôt pour frais de scolarité, les coûts d'administration du système de prêts aux étudiants et les centaines de millions de dollars de défauts de remboursement des prêts annulés chaque année. La pandémie de COVID-19 a mis de nombreux étudiants, déjà dans une situation économique précaire, en situation de crise potentielle. Le marché de l'emploi d'été pour étudiants s'est tari, tout comme bon nombre des emplois de service au salaire minimum habituellement occupés par les étudiants. S'ils ne travaillent pas au cours de l'année scolaire, de nombreux étudiants ne seront pas admissibles à la prestation canadienne d'urgence (PCU) et risquent de passer au travers des mailles du système mis en place. Certains étudiants, confrontés à une perte de revenu, seront obligés de s'endetter davantage pour payer leurs frais de scolarité. Cela créera également une énorme insécurité au niveau du logement.

Les étudiants doivent avoir accès à la PCU. En plus d'élargir l'admissibilité à la PCU, le gouvernement devrait également:

  • rendre la prochaine année scolaire gratuite pour tous les étudiants de niveau postsecondaire, et
  • instituer la remise de prêt de la portion fédérale de la dette étudiante pour les années universitaires en cours et à venir

avec l’objectif d'évoluer vers un modèle permanent sans frais de scolarité et sans prêts le plus rapidement possible.